Stone Town & Zanzibar

Après une course folle à notre sortie du cratère de Ngorongoro (nous étions en retard puisque tous les quatre avions un vol à prendre et je devais, en plus, rejoindre Tim à Arusha et lui remettre ses précieuses jumelles et ses livres empruntés) nous sommes tous arrivés à temps pour notre vol, au grand soulagement de Ahmed. Moins de 10 minutes après avoir franchi les douanes, nous avons décollés pour les plages.

Karina, Stani et moi sommes donc arrivées sur l’île de Zanzibar alors que le soleil se couchait d’un côté de l’océan. L’air était beaucoup plus humide ici et l’odeur était différente; ça sentait la mer, le sel et une petite brise constante et agréable régnait dans l’air. Nous nous sommes séparées; les deux se dirigeaient vers le nord de l’île alors que moi c’était Stone Town qui m’attendait. Après avoir promis de me rendre à Amsterdam pour y célébrer King’s Day avec elles, j’ai tenté de négocier un taxi. En vain. Le prix était fixe : $10 US pour 5 minutes de trajet…

La noirceur était pleinement tombée lorsque nous sommes arrivés, quelques minutes plus tard, au cœur du centre touristique de la ville. Ce centre, où la majorité des mzungus prolifère devant de petites boutiques et des restaurants, se situe d’un seul côté de la ville, celui longeant la mer et le port où le ferry en dépose une bonne partie. Ici, la majorité des touristes n’ont pas exploré le main land. Zanzibar est pour les Européens ce que Cuba ou le Mexique est pour les Nord Américains. Ils viennent séjourner sur l’île avec l’idée en tête d’y faire de la plonger ou du kite surfing, de se prélasser au soleil sur une plage et d’y laisser passer le temps, tout simplement. Certains ont fait ou feront un safari, mais la plupart n’auront vu que cette île.

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Le reste de Stone Town est un véritable labyrinthe de ruelles connexes qui se rencontrent. Ces ruelles tournent, dérivent, se divisent, parfois en deux, trois et même quatre sections. L’architecture rappelle une distante colonisation européenne. Les immeubles, colorés, ont maintes traces laissées par le temps et tissées par les saisons de pluie sur leurs parois. Plusieurs ont conservé leurs volets, endommagés, peints de différentes couleurs. Ici et là une ligne de vêtements repose au soleil, accrochée aux fenêtres. Des fils électriques, qu’on jurerait pêlemêles, pendent au-dessus de nos têtes et se rejoignent entres immeubles, raccordés en boucle et épinglés aux murs. Des enfants jouent dans la ruelle avec de petites boîtes de carton sur lesquelles ils ont installé de petites roues et accroché une corde : ils font des courses. Leurs rires résonnent souvent à travers ce labyrinthe sans qu’on ne les voient. Les ruelles sont étroites et une panoplie de cubes carrés en ciment fonts lieu de petites boutiques qui s’étalent les unes à la suite des autres. Certains y vendent de la nourriture, des instruments de cuisine, des meubles. D’autres, de petits accessoires indispensables à leur quotidien.

Mon tout premier soir, je n’ai encore rien vu de tout cela alors que mon chauffeur me dépose près de mon hôtel et, bien que je sache que la ville comporte des ruelles, je ne m’attendais pas à ce que tout bourdonne autour d’elles.  Nous nous sommes arrêtés d’un côté de la rue, sous un immense arbre, face à un hôtel qui n’était pas le mien (beaucoup trop chic et dispendieux). Confuse, je demande au chauffeur si nous sommes bien arrivés.

Il me dit « Yes… I will show you. »

Puis une fois sortie, il me pointe une petite ruelle mal éclairée et me dit :

« Your hotel is there to the right. »

J’ai dû faire un drôle d’air puisqu’il a tout de suite rajouté « Not far, just… I cannot drive there. »

J’ai donc pris mes deux backpacks et me suis dirigée vers la petite allée, dans l’espoir que le reste de la ruelle en tournant à droite, allait être mieux éclairé. Arrivée à l’intersection, l’on pouvait lire sur un écriteau : Al Minar Hotel avec une flèche vers la droite. Un peu plus loin, on voyait des marches donnant sur une porte entre-ouverte sous un faible éclairage. J’ai marché jusqu’à la porte pour me faire immédiatement accueillir par un homme souriant aux allures indiennes ou pakistanaises qui me dit tout de suite en me voyant arriver « Genevive! You must be French! » Charmée par son accueil jovial, j’ai rempli les papiers qu’il me tendaient et donné mon passeport pour la photocopie habituelle tout en discutant avec lui. J’ai scruté avec attention la map de la ville qu’il me montrait en énumérant les restaurants qui valaient le détour. J’ai enregistré le plus d’information possible, suis montée à ma chambre (modeste et très confortable) puis suis tout de suite redescendue pour aller manger. J’avais faim; les petits biscuits donnés dans l’avion étaient rendus loin.

Ce soir là fut le premier de bien des fois où je me suis perdue dans les ruelles de Stone Town. Pour toute personne n’ayant peu (ou pas du tout) de sens de l’orientation, on peut avoir un plaisir fou à tenter de ressortir par la même ruelle empruntée que pour y rentrer – ce que j’ai fait dans les jours qui ont suivis. Et malheureusement, je n’y suis arrivée qu’une seule fois… Y a rien à faire, j’ai aucun sens de l’orientation. Et comme toutes les ruelles se ressemblent passablement, ma mémoire visuelle m’a trompée plus d’une fois.

Donc ce tout premier soir, après avoir marché une bonne demi-heure sans trouver le restaurant que le gentil homme avait pourtant pris soin d’encercler et de m’expliquer la direction, je décide de demander à deux femmes assises dans l’une des ruelles avec leurs enfants si elles savent, par chance, où il se trouve.

L’une d’entres elles me répond avec étonnement « You walk all this way??!! It on the other side! »

Parce qu’en réalité, le petit restaurant se situait à seulement deux coins de ruelles de mon hôtel. Je le voyais bien sur la map, mais j’avais quand même trouvé le moyen de me retrouver à l’autre bout du labyrinthe…

Elle me dit de retourner sur mes pas « Continue straight and then right » qu’elle me dit. OK. Je retourne et continue straight jusqu’à ce que la ruelle se sépare en deux. Je tourne à droite. Mais une vingtaine de pas plus loin, la ruelle se divise encore en deux. Je tourne à droite. Il fait noir dans ces ruelles le soir et la plupart ne sont éclairées que par le faisceau d’un rare lampadaire au coin de certaines intersections. Je continue et ça se redivise. Là, je suis convaincue que je tourne encore en rond et il n’y a personne dans les parages pour m’aider. Seulement quelques chats errants qui circulent en prenant soin de me contourner le plus rapidement possible. Je retourne à droite en me disant « Check ben ça, je vais retombée sur les mêmes femmes avant de trouver le resto! »  Une chance, c’est pas arrivé. Mais rendu là, j’avais tellement faim, que la première enseigne que j’ai vu d’un autre restaurant, tout petit, typique et complètement vide, j’y suis rentrée pour manger.

À la fin de mon repas, je me suis fait raccompagnée par l’un des fils du propriétaire du restaurant, just in case I get lost… sté. 😊

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J’ai passé trois jours à errer dans les ruelles de Stone Town, à me promener au milieu du grand marché qui bourdonnait de monde en fin de journée, à boire une petite bière tranquille à l’ombre des palmiers sur de petites terrasses et à jaser avec des africains. Ils ont tous essayé de me vendre de la marijane. Pour moi avec mon bandeau multicolore et mes cheveux long, je dois avoir l’air d’une hippie qui aime bien terminer ses soirées en fumant un peu de weed lol.

J’ai rencontré deux françaises qui revenaient du nord de l’île et qui malheureusement, s’était fait voler tout leur argent dans leur chambre alors que l’une d’entre elles dormaient à quelque pas d’où ils (ou il) étaient entrés par la fenêtre de leur bungalow qui donnait sur la mer. Ça m’a rappelé de bien fermer toutes mes fenêtres une fois que j’irai m’aventurer sur les côtes de l’île…

Chaque matin, je me réveillais au rythme de la prière islamique chantée et diffusée dans toute la ville par les nombreux haut-parleurs – à 5h30am. Parce que Zanzibar, en fait, est musulmane à 99%. Moi qui venais de Arusha et Moshi, majoritairement catholique, j’ai été surprise de voir qu’ici, c’était autrement. L’on m’a expliqué, plus tard, que la culture islamique s’était répandue depuis des siècles sur toute la côte Est africaine et non seulement au nord du continent, comme je le croyais. Donc ici, les femmes sont toutes voilées – la plupart de couleur bleu azur magnifique – et la majorité des hommes portent des toges et un kufi (petits chapeaux circulaires).

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Trois jours plus tard, j’ai quitté la ville et ses ruelles interminables pour les plages du nord-est de l’île. J’avais en tête, l’idée d’aller explorer ce que les fonds marins ont à offrir ici. Pour 60,000 Tsh (environ $30 CDN), un chauffeur de taxi, fort sympathique, est venu me porter à Pwani Mchangi là où j’avais réservé pour une petite semaine. J’étais tombée sur un deal de dernière minute qui m’avait semblé incontournable sur internet. Un petit resort d’une douzaine de bungalows en bordure de mer où seul le sable régnait sous les pieds et à un prix vraiment raisonnable en comparaison de tous les autres (parce que c’est dispendieux Zanzibar). Je suis donc arrivée au Mchanga Beach Resort  par un matin ensoleillé. En chemin, le chauffeur de taxi a dû demander à plusieurs personnes et à plusieurs reprises où se trouvait l’endroit, agréablement caché. Nous avions suivi la seule annonce à partir de la route principale mais une fois passé les petites routes secondaires parsemées de roches et de trous immenses, la route devenait de sable et il n’y avait que de petits villages aux maisons de briques où les enfants couraient en riant et en criant « Jambo! » Bonjour!, où les femmes s’afféraient à laver le linge ou cuisiner et où les hommes se reposaient à l’ombre des maisons.

Mon chauffeur (probablement épuisé de tourner en rond) a fini par s’arrêter en prenant soin de me dire « It’s better if you don’t get out here.»  Je ne sais pas ce qu’il sous-entendait par cette affirmation. Il m’est d’ailleurs arrivé plusieurs fois en Afrique de me faire dire que tel coin était dangereux alors que je m’y étais promenée plusieurs fois et n’y avait rencontré que des gens tout à fait aimables. Je ne comprends pas ce qu’ils cultivent… Bref, tannée d’être cloîtrée dans la voiture, je suis sortie (évidemment). En l’espace d’une seule minute, une vingtaine d’enfants s’est regroupés autour et me touchaient les cheveux, me prenaient les mains (ça m’a rappelé le Vietnam et les petits coins que j’avais visiter avec ma mère où ils avaient rarement vu des blancs). Ils souriaient en me regardant, me pinçaient les poils blonds des bras en riant et me parlaient sans que je ne puisse comprendre un mot.

Je porte beaucoup de bracelets (en voyage) et j’ai perdu la majorité de ceux que je portais ce jour-là au profit du bonheur de jeunes filles qui se les passaient aux poignets avec un sourire grand comme la terre. Priceless.

Mon chauffeur est revenu, nous sommes reparti et avons fini par trouver le tout petit resort, à la toute fin d’une petite route de sable après l’un de ces villages. C’était beau et paisiblement tranquille comme endroit. Tout était blanc : l’entrée, discrète, décorée de bougainvilliers fuchsias qui se répandaient partout, la réception, les bungalows, tout. Le sable régnait effectivement partout et à mon plus grand plaisir, je n’ai plus rien porté à mes pieds pour la durée de mon séjour. La plage était magnifique. Le sable blanc fin s’étendait sur des kilomètres. L’on voyait des kites partout au large. J’ai appris, plus tard, que Zanzibar est un paradis pour les kites surfeurs et on comprend pourquoi : de décembre à février, le vent règne en roi et souffle constamment sur des eaux turquoise. En fin d’après-midi, à l’heure du low tide, alors que la mer se rétracte très loin, des femmes et des enfants se promènent avec des sceaux de plastique pour recueillir de petits crustacés qui seraient demeurés sur le sable. Des hommes circulent lentement en bicyclette sur la surface durcit par la mer. Des Masaïs marchent à l’aide de leur grand bâton, tranquillement, en jasant.

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Cet endroit fut pour moi, un petit éden paradisiaque. Mais il faut dire que j’aime la tranquillité. Ce resort ne conviendrait pas à tout le monde puisqu’il n’y a absolument rien autour (mis-à-part les petits villages typiques où j’ai adoré m’y promener et dont je recommande fortement à toute personne voulant s’imprégner de s’y aventurer).

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Francesco, un charmant italien, est venu me chercher le lendemain matin pour mes premières plongées en Tanzanie et nous sommes montés à bord d’un bateau en bois, typique d’ici, avec une grande voile.

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Mon plus charmant bateau de plongée jusqu’à maintenant! Seulement trois autres personnes étaient à bord; une autre femme qui venait de terminer son OWD et un charmant couple allemand dont l’un était biologiste, fort intéressant et qui – ma foi – parlait sans arrêt! Ces plongées ont été, par contre, les plus dispendieuses que j’ai fait jusqu’à maintenant! $110 US pour deux tanks… Ça fait vite un trou dans un budget à ce prix-là.

IMG_9721.JPGMais je dois avouer que les fonds marins près de Memba island où nous sommes allés, valaient le coup. Bien qu’il n’y ait pas de gros poissons si je compare avec les îles Andaman – mis à part un white tip shark aperçu deux fois du côté du bleu immense – on y croise une diversité impressionnante. Des tortues, des pieuvres, de nombreux trigger fishs, des lion fishs, des rock fishs, des blue spot sting rays, des murènes, des bubble fishs et une multitude d’autres. Les coraux, moins colorés que ceux que l’on retrouve à Roatan (par exemple), offre une vie abondante et chaque plongée recèle une multitude de possibilités. Nous avons même eu la chance d’être suivi par un groupe de dauphins qui sont venus s’amuser près de nous un court instant.

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Photo credit: Andrea Casadei

Je me suis donc prélassée au soleil et en bateau, en bonne compagnie, pendant quelques jours dans ce coin merveilleusement tranquille de Zanzibar. Puis, un beau matin, Tim me fit signe depuis Arusha en m’apprenant qu’à l’école gouvernementale de son quartier où il fait du volunteering, ils cherchaient un professeur d’anglais. Et donc, si j’étais intéressée, ils m’attendaient. Ayant fait mon cours de TESOL dès mon retour d’Asie il y a des années et n’ayant jamais pratiquer mon certificat outre-mer, j’ai pris une décision : je retournerai à Arusha pour y enseigner quelques temps.

J’ai donc quitté (en partie à grand regret) Zanzibar, ses magnifiques plages, sa mer, la bonne compagnie et la tranquillité d’esprit pour retourner où j’avais initialement mis les pieds en Afrique. Là où, Tim m’écrivait (trop tard puisque j’étais déjà à l’aéroport!), il commençait à faire plutôt froid et où la pluie faisait rage depuis quelques jours…

Le Parc de Serengeti

No matter how few possessions you own or how little money you have, loving wildlife and nature will make you rich beyond measure.

Unknown

 

La première section du parc du Serengeti que nous avons parcourue, immédiatement après avoir franchi les portes, fut la plus luxuriante. Les arbres et arbustes se multipliaient côte à côte, les tons de verts s’harmonisaient chromatiquement. De petits ruisseaux se frayaient un chemin dans l’herbe. Des éléphants d’Afrique y buvaient tranquillement, certains s’arrosaient. On pouvait pratiquement les toucher tellement nous étions proches. J’avais déjà vu des éléphants auparavant (d’Asie seulement et donc de plus petite taille) mais il y a quelque chose de prenant dans le fait d’en voir qui soit entièrement libres, dans leur habitat. Quand ils te regardent, tu te sens privilégiée. Ils sont là, tout près, immenses et intriguant avec leurs défenses d’ivoire imposantes. Ils marchent lentement, te jettent un coup d’œil de temps en temps, traversent le petit chemin de terre devant ou derrière ton véhicule. Des zèbres courent ici et là, broutent l’herbe et haussent la tête quand tu passes tout près, curieux. Les wildebeests (en migration lors de notre visite) regroupés par centaines, restaient évachés tout en nous regardant tranquillement passer.

La proximité de toute cette vie, le calme qui y règne et leur totale liberté sont ce qui m’a le plus émue je crois. Ce n’était pas eux qui se trouvaient à notre portée, cloîtrés pour notre propre plaisir visuel (égoïste), c’était nous qui étions étrangers dans leur propre milieu.

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En continuant sur le chemin de terre (et de boue) qui s’engouffrait en profondeur dans le parc qui s’étend sur près de 15 000 km2, une plaine à perte de vue s’est étirée devant nous. Au beau milieu, en solitaire, se tenait un Acacia. Ces arbres feuillus et plats, magnifiques, qui se retrouvent partout dans la région du Serengeti et du cratère de Ngorongoro. Des rayons de soleil transperçaient parfois les nuages pour venir éclairer le décor au loin. Une girafe se promenait lentement.

Jusqu’à maintenant, seule la mer m’a toujours donné un sentiment de liberté, de calme et de petitesse qui ne s’explique pas vraiment mais se vit devant un tel horizon. Quand je me suis retrouvée devant les paysages du Serengeti qui s’étendent également à perte de vue, ce sentiment est revenu. On se sent tout petit, fragile, libre. C’est difficile à expliquer comme sensation, mais si les grands espaces vous donnent également ce genre de frisson, vous serez gâté!

Notre guide, Ahmed, trouvait (la plupart du temps) le moyen de nous faire découvrir la faune en solitaire avant qu’une horde de véhicules ne se manifeste. Puisque, bien qu’il serait idéal de toujours pouvoir parcourir de tels paysages seuls, évidemment, les guides se parlent entres eux à l’aide d’une radio et lorsque l’un deux trouvent un animal (particulièrement s’il s’agit d’un qui compose le Big Five) ils se passent le mot. C’est normal. Il ne se font aucune compétition et prennent probablement même une bière ensemble à la fin de leurs expéditions!

Le fameux Big Five… Je crois que toute personne qui se prépare à faire un safari cherche absolument à voir le Big Five. Pour certains même, c’est la seule chose qui les intéressent. Il se compose de ces cinq animaux : L’éléphant d’Afrique, le Cape Buffalo (réputé pour être le plus dangereux et responsable de plus de morts que n’importe quel autre animal), le léopard, le lion et le rhinocéros.

La chance nous a souri (sur plusieurs points durant notre visite d’ailleurs!), parce que nous avons eu le privilège de tous les voir.

Raconter en détail tous les émerveillements que j’ai ressenti à faire ce safari prendrait beaucoup de temps. Je me suis donc demandé comment je pourrais relater les points les plus importants sans toutefois écrire un roman (j’ai tendance à me perdre au fil de mes descriptions lol) Alors en voici quelques-uns, sous forme de liste 😊

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Les Lions

Peu de temps après notre arrivée, nous avons aperçu quelques lionnes accompagnées de leurs lionceaux, ce qui est particulièrement rare d’après Ahmed parce que celles-ci prennent soin de cacher leurs petits plusieurs mois après leur naissance afin de les protéger des prédateurs et… des lions eux-mêmes.  IMG_3937.jpgCes petits lionceaux sont tellement adorables qu’on a envie de s’étendre dans l’herbe et jouer avec eux!

Notre dernier matin au sein du parc, à l’ombre d’un petit arbre (seul de son espèce dans les parages), nous sommes tombés sur quatre lions faisant la sieste. Notre 4×4 s’est arrêté à moins de 5 pieds d’eux. S’ils avaient voulu, ils auraient pu volontiers se lever et nous lancer un coup de griffe. Mais ils demeuraient presque complètement immobiles, évachés, endormis à l’ombre de cet arbre. Penchés sur le rebord du toit du véhicule, voulant à tout prix se rapprocher le plus possible, nous étions tous les quatre fascinés. Et pour une fois, tout le monde était silencieux, comme si personne n’osait déranger leur sommeil. À quelques reprises, lorsque son confort était menacé par les rayons de soleil, l’un deux se levait, faisait trois pas et se laissait retomber au sol. J’aurais pu les regarder dormir des heures durant…

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Les Hippopotames

Croisé plusieurs fois durant notre séjour chaque fois que nous passions près d’un cours d’eau et/ou d’un étang, ces énormes bêtes aux airs sympathiques m’ont fait rire. Regroupés parfois par vingtaine, les uns collés sur les autres, ils peuvent demeurer immobiles très longtemps. Ils levaient parfois leur tête pour nous observer, d’autres ouvraient grand leur gueule en laissant échapper un cri qui résonnait au loin.

J’ai été surprise d’apprendre que les hippopotames sont en réalité responsables de beaucoup plus de morts que les lions eux-mêmes. Principalement dû au fait qu’ils ont tendance à quitter leur cour d’eau pour y revenir au coucher du soleil et que certaines personnes, inconscientes du danger, montent leur tente en bordure d’étang sans penser que celui-ci appartient peut-être à un hippopotame. S’il revient au bercail en y trouvant un intrus sur son chemin, il lui foncera dessus. On ne sort pas non plus du véhicule pour les prendre en photos! C’est surprenant, mais, ça court vite un hippopotame. La dernière femme à avoir trouvé la mort par l’un d’eux remonte déjà à 5 ans si je me souviens bien…

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Le Léopard

Nous avons eu la chance de voir un léopard. J’ai croisé bien des gens par la suite qui avait fait un safari sans toutefois en voir un, alors nous avons été bien chanceux. C’était une femelle, superbe, élancée, qui longeait un fossé en y disparaissant de temps en temps. Nous avons cru la perdre plusieurs fois, mais chaque fois elle ressortait et continuait tranquillement son chemin. IMG_4778.jpgIl y avait un arbre pas très loin qu’elle a soudainement décidé de grimper, à notre grand plaisir. Elle y est demeurée une bonne vingtaine de minutes avant de redescendre. J’attendais chacun de ses gestes gracieux avec ma lentille. Elle était d’une élégance étrangement intimidante et fascinante à la fois.

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Les Éléphants

Nous en avons croisé beaucoup. Immenses, prestigieux, impressionnants. J’ai particulièrement affectionné le moment où deux jeunes jouaient ensembles et se chamaillaient.  Quand leurs défenses d’ivoire s’entrechoquaient ensemble, le coup se répartissait dans toute la plaine. Ils se grognaient l’un après l’autre, battaient des oreilles et se poussaient. C’était beau à voir. Avec les zèbres qui broutaient l’herbe au loin derrière eux et le ciel de fin de journée qui s’assombrissait, j’ai trouvé ce moment magnifique.

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Les Girafes

Nombreuses, elles sont impressionnantes de leur hauteur. Curieuses, elles nous observaient souvent en mâchant leurs feuilles, le regard intéressé. Elles se cassaient même parfois le cou pour nous regarder! Celles aperçues seules au milieu de plaines à perte de vue au soleil couchant ont été mes préférées. Elles me laissent un souvenir imprenable sur la beauté de ce monde.

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Les Oiseaux

Bon. Bien que je sois la seule à m’être excitée des oiseaux et qu’en temps normal je ne les affectionne pas particulièrement, ils étaient si différents des nôtres et certain de tous ceux que j’avais vu, qu’ils se doivent de faire partie de ma liste. Certains étaient immenses! Presqu’aussi grands que nous du haut de leurs pattes, le bec protubérant, l’air sauvage. D’autres étaient tout petits et magnifiquement colorés. IMG_4490.jpgJe me suis prise d’affection avec un en particulier, tout petit et vraiment curieux. Assise au sol pendant l’un de nos piqueniques, il s’approchait, me regardait, reculait, disparaissait. Puis il revenait en sautillant sur ses petites pattes et s’aventuraient encore plus près avant de rebrousser chemin. Adorable.

IMG_3242.jpgD’autres m’ont impressionné par leur habileté, comme à faire un nid au milieu de branches aux épines tellement imposantes qu’on a l’impression qu’elles transperceraient n’importe quoi ce qui s’y frotterait. Clever pour se protéger des serpents et de d’autres prédateurs.

Sans compter les grands aigles, avec une vision de feu, dont l’un s’est précipité du ciel sur notre lunch un midi. Certains d’entre nous avaient laissé leur boîte contenant des cuisses de poulet ouverte durant une simple conversation. Ils étaient haut, très haut même et nous, nous étions juste à côté de ces boîtes. En l’espace de quelques secondes l’un d’eux a foncé à toute vitesse sur la (minuscule) boîte en apportant une cuisse de poulet avec lui. Parce qu’il n’a pas manqué son objectif, du haut de son ciel. Nous, nous ne les avions même pas remarqués. Ahmed s’est empressé de fermer nos boîtes et de nous prier de ne rien laisser à l’air libre. Ça donne une bonne idée du danger qui guette toutes les petites bêtes qui se promènent au sol…

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Les Gazelles/Antilopes

Je les ai bien aimés les gazelles et les antilopes. Elles sautent haut, font des acrobaties, courent vite mais demeurent curieuses elles aussi. Quand nous avons quitté notre site très tôt en pleine faune un matin, un petit groupe se tenait parmi les arbres. Lorsque nous nous sommes approchés, certaines d’entres elles se sont rapidement sauvées, mais d’autres sont demeurées tout près. L’une d’entres elles était aveugle d’un œil.

IMG_4169.jpgElle est restée à proximité, sans bouger, autre que sa tête pour la tourner dans notre direction. Avec les premiers rayons de soleil qui transperçaient le ciel et l’éclairait et la petite couche de brouillard qui s’étendait encore au sol à travers les arbres, ça m’a fait penser (drôlement) à une histoire fantastique. Comme si je m’attendais à ce qu’une licorne apparaisse quelque part… lol

M’endormir au rythme des lions

IMG_4622.jpgNous avons dormi deux nuits au Tortilis Camp au sein du parc, en plein faune sauvage, dans des tentes immenses et (trop) luxueuses. Chaque fois que nous quittions notre tente, un africain se pressait de venir nous rejoindre et de nous accompagner où nous nous dirigions. Il y avait, dans les parages, des lions. Et ils ne prenaient aucune chance. La première nuit, assise dans le lit en train d’écrire mes premiers jours en Tanzanie, j’entendais leurs rugissements. C’était magique. Leur cri résonnait comme une plainte longue et forte par intervalle d’une quinzaine de minutes. On avait l’impression qu’ils étaient tout près. Au déjeuner, le lendemain, nous nous sommes fait dire qu’il arrivait que ceux-ci se promènent sur le terrain du camp, généralement juste pour y passer, probablement curieux. Tout le monde doit alors se réfugier dans la grande tente qui fait lieu de restaurant et de lounge. Malheureusement, nous n’avons pas eu cette chance et je n’ai pas vécu d’émotion forte en me cachant des lions dans une tente… Mais j’ai passé deux nuits à les entendre rugir à proximité. Je pense que ces moments-là, juste avant que le sommeil ne m’emporte, où je souriais à moi-même en me disant « Gen… penses-y, tu t’endors au son des lions » font certainement parti de mes moments les plus forts.

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Les Guépards

Gardant le meilleur pour la fin, notre moment avec les guépards est sans équivoque le plus impressionnant de tous. Pour celui-ci, je me dois de le raconter du début jusqu’à la fin.

Nous sommes arrivés, en milieu d’après-midi, près de deux guépards mâles allongés dans l’une des très rares touffes d’herbes hautes dans les parages. Malheureusement, ils recherchaient tellement l’ombre disponible dans ces herbes que seulement l’un d’eux se pointait le bout du museau de temps à autre. Après une bonne quinzaine de minutes, un seul a fini par bouger pour venir s’étendre de notre côté au soleil. La gueule à demie ouverte, les dents à découvert, la langue pendante, il avait chaud ça se voyait. À ce moment-là, au moins cinq autres voitures avaient forcé leur chemin jusqu’à eux. Puis, soudainement, l’improbable s’est produit. Celui étendu au soleil se lève tranquillement et se dirige vers nous. Avant qu’aucun de nous ait le temps de se rendre compte de ce qui se passe, il saute sur le capot de notre véhicule. Sam, Karina et Stani étouffent un cri de surprise et se croulent au fond du véhicule. Ahmed, qui a probablement peur que l’eux de nous se mette à crier ne cesse de répéter « No problem, no problem. He just wants shade. No problem, stay calm. »

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Moi je suis encore debout avec ma caméra, la bouche grande ouverte et les yeux probablement écarquillés. J’ai appris un peu trop tard qu’on ne doit pas regarder un guépard dans les yeux. Comme les léopards et contrairement aux lions (que l’on doit regarder dans les yeux en signe d’autorité), eux le prennent comme un défi ou une attaque. Bon, une chance que celui-là était soit particulièrement gentil soit parfaitement conscient de mon émerveillement parce qu’on s’est regardé dans les yeux souvent lui et moi alors qu’il se prélassait à l’ombre de notre toit. Les minutes passaient, il demeurait là, étendu de tout son long. De temps en temps il bougeait un peu, se réinstallait. Puis soudain, il s’assoit sur le capot. L’on pouvait voir au loin à travers les véhicules, une jeune antilope (de pas plus de 2 ans selon Ahmed) qui se promenait complètement seule dans la plaine, ne réalisant pas le danger qui la guettait du haut de notre véhicule. Ça n’a pas pris beaucoup de temps avant que notre guépard, ainsi que l’autre demeuré d’abord dans l’herbe, se lancent sur l’antilope qui n’avait plus aucune chance. À la seconde où notre guépard est descendu du 4×4 pour se lancer à sa poursuite, notre guide a mis le contact et comme tous les autres présents, nous nous sommes précipités hors-piste pour les suivre. En réalité, aucun véhicule n’est autorisé à quitter les sentiers battus dans le parc, sous peine de sanction. Mais sous l’impulsion du moment, les chauffeurs, tous sur l’adrénaline de voir quelque chose d’aussi phénoménal (qui, nous avons appris plus tard, peut ne même pas arriver une seule fois dans la vie d’un guide qui aura fait plus d’un millier de visites) ils se sont tous foutus des règles au grand plaisir de leurs passagers. S’en est suivie une course, ma foi, digne d’un National Geographic. Les deux guépards ont respecté d’abord une certaine distance avec l’antilope qui a cessé de courir et s’est retournée. Les trois formaient une pyramide : la jeune antilope, seule au sommet d’une petite colline, les deux guépards à la base, chacun de leur côté. Les deux faisaient quelques pas puis se baissait dans l’herbe, faisait quelques pas puis se rebaissaient. Ils ont fait ce manège quelques fois avant que l’antilope ne se remette à courir et que les deux partent en chasse après elle. Quelques secondes plus tard, ils atteignaient leur proie et la jetaient par terre. L’un des guépards l’a agrippé au cou pour la suffoquer tandis que l’autre la changeait de place en tentant de lui déchirer la chair du flanc alors qu’elle respirait encore. J’ai filmé le tout et le résultat est assez spectaculaire, mais… malheureusement c’est plutôt très shaky disons! Je tenterai de l’éditer une fois rentrée.

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Pour la toute première fois de ma vie, plutôt que de me dire « Ah mon dieu pauvre petite bête! » j’ai sincèrement admiré la nature dans sa forme la plus primaire. Je n’étais pas assise dans mon salon, devant l’écran de télévision. La voix de David Attenborough ne narrait rien. Ça venait de se produire sous nos yeux. Live. Et ce que nous venions de vivre relatait, selon Ahmed, d’un moment excessivement rare. Nous avons d’ailleurs appris plus tard que les guépards se font de moins en moins nombreux puisqu’ils ont de la difficulté à trouver et chasser des proies de cette taille, qu’ils perdent souvent au profit de lions ou d’hyènes.

Nous avons quitté les deux guépards et leur proie peu de temps après, voulant les laisser manger en paix. Ahmed était fou comme d’la marde. Nous nous sommes arrêtés à l’ombre d’un arbre, parmi les zèbres. Nous sommes tous sortis du véhicule. Ahmed était beau à voir. Il en avait les larmes aux yeux. Nous réalisions que nous avions été chanceux, mais je crois que lui seul savait à quel point. L’excitement qui se lisait sur son visage était touchant. Les filles avaient une bouteille de champagne qu’elles voulaient garder pour notre dernier soir, mais elles l’ont popper sur-le-champ. Nous l’avons bu (mis à part notre guide, biensûr) au beau milieu de nulle part, à l’ombre d’un arbre, entourés de zèbres qui nous jetaient des regards et levaient la tête, curieux, en entendant crier de joie. Un véhicule a passé tout près, puis un autre et tour à tour, ils nous ont demandé nos adresses courriels en nous promettant de nous envoyer des photos.

En voici une envoyée, alors que nous venions de voir ce qu’il regardait (l’antilope) avant de se lancer à sa poursuite…

IMG_0771_preview.jpeg.jpgÇa, c’était définitivement le plus grand moment et le plus inoubliable de mon incroyable safari au Serengeti. 😊

Ce que j’ai appris de la culture Masaï

Je ne veux pas que ma maison soit murée de toutes parts, ni mes fenêtres bouchées, mais qu’y circule librement la brise que m’apportent les cultures de tous les pays.

Mahatma Ghandi

 

 

Ma première journée de safari, bien qu’elle ait été agréable (mais sans plus), ne m’a pas particulièrement émue et comme ma plume et moi-même préférons ce qui nous émeut, je commence tout de suite avec ma 2e journée. 😊

Donc, nous sommes partis tôt le matin de notre 2e journée vers le village Masaï. Juché sur une plaine presqu’à perte de vue, de petites huttes ovales aux toits de pailles composaient, ici et là, le paysage.  Il devait y avoir une quinzaine de huttes à proximité, puis d’autres plus éparses, beaucoup plus loin en bordure de montagnes.

À notre arrivée, un Masaï s’est présenté; il allait être notre guide. Âgé de 22 ans, Jibwalu est l’un des seuls de son village à fréquenter l’université. Dans certaines tribus, 1 ou 2 Masaïs sont de nos jours promus à l’avenir qu’ils souhaitent dans le domaine qui les attisent.

Jibwalu nous a gentiment invité dans l’une des huttes, construites en entrecroisant des branchages puis en les recouvrant de bouse de vache (oui, oui!) et de boue. Ce sont les femmes qui les construisent et ces maisons leur appartiennent entièrement.

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Un tout petit trou dans la paroi près de l’entrée sert de fenêtre. Il fait noir à l’intérieur, même en plein jour. Nous avons pris place sur de petites planches de bois encerclant les pierres déposées au centre de la pièce pour y faire un feu. Même si au moment de notre visite, aucune flamme ne brûlait, l’air était opaque à l’intérieur et quelque peu étouffant. Deux lits, fabriqués à partir de brindilles et recouverts de peaux de vache, composaient le reste de la petite hutte. Dans la pénombre de cette minuscule maison où aucun de nous (de par nos standards occidentaux) ne pouvait s’imaginer vivre, Jibwalu nous a raconté son peuple…

Les Masaïs sont polygames et un homme peut avoir plusieurs femmes, tout dépendent du nombre de vaches que celui-ci possède. Les femmes sont donc échangées contre ces vaches en guise de paiement (au père de celle-ci) et ce, avant même que certaines ne viennent au monde. De son côté, la femme peut avoir plusieurs amants. Lorsque, pour quelque raison que ce soit, son mari quitte le village, un autre peut passer la nuit avec elle. Il n’a qu’à déposer sa lance devant l’entrée de la hutte. De cette façon, si le mari revient au courant de la nuit, il saura que sa femme est en compagnie d’un autre et se rendra lui-même dans une autre hutte pour y passer la nuit.

Le passage de l’adolescence à la vie adulte d’un homme Masaï est une étape importante et se réalise par une méthode qui , à nos yeux, est tout simplement impensable. Entre l’âge de 12 à 15 ans (si je me souviens bien), tous les jeunes garçons se font faire une circoncision, effectuée à froid, sans aucune anesthésie. Et ils devront le faire sans laisser passer l’ombre d’une émotion sur leur jeune visage… Le contraire sera perçu comme un échec et celui qui aura pleuré, voire même simplement chigné, n’obtiendra aucune vache en récompense et lorsqu’un tel cas se présente, Jibwalu nous expliqua que ces jeunes quittaient généralement leur propre tribu pour en choisir une autre, là où l’écho de leur échec ne se sera pas rendu.

IMG_3502.jpg Suivant cette circoncision, qui prendra des mois à guérir, ces jeunes se font peindre le visage de traits de couleur blanche pour signifier leur passage à la vie adulte et sont envoyés dans la jungle pour cicatriser… Étant des femmes, ni Karina, Stani ou moi-même pouvions se représenter la douleur ni la teneur de cette expérience obligatoire pour chacun des Masaïs. Sam, par contre, comprenait très bien et son visage se contorsionnait au fur et à mesure que notre guide nous expliquait la procédure…

Assis dans la pénombre de cette hutte au beau milieu d’une plaine africaine, nous buvions les paroles de notre guide. La différence (colossale), l’exotisme et le choc entre nos cultures étaient ahurissants. Jusqu’à leur alimentation qui repose principalement sur le sang de leurs chèvres, desquelles ils auront pris soin de transpercer la jugulaire sans pour autant les tuer pour mélanger ce sang avec la traite de lait de leurs vaches et boire ce nectar quotidiennement. J’étais vraiment contente que cette dégustation ne fasse pas partie de notre visite; je ne pense pas avoir été capable de boire un tel nectar!

Je ne voyais pratiquement pas les traits sur le visage de mes comparses, mais j’imaginais fort bien leurs yeux écarquillés, leur bouche entrouverte et une multitude de questions qui se pressaient sur le bout de leurs lèvres. Notre guide a poliment et très patiemment répondu à toutes nos questions, fort nombreuses. Apparemment, la plupart des gens ne restaient qu’une vingtaine de minutes dans cette hutte alors que nous y sommes restés près d’une heure, complètement fascinés tous les quatre.

Amusé, Jibwalu nous a même raconté qu’une Danoise s’était mariée avec un Masaï de ce village. Alors là, c’était la totale pour Karina!

« She lives here??!!! »

« Yes. »

« In a house like this one??!!! »

« Yes. »

« Did she build it??!!! »

« The house? Of course. »

« Is she jealous??!!! »

(Petit rire de Jibwalu ici)

« No. You cannot be jealous and be a Masaï…»

« Did he buy her with cows??!!!! »

« When you marry a mzungu a Masaï gets cows. »

Silence dans la hutte. On était tous entrain de peser le poids de cette révélation. Une danoise était venue visiter le village, comme nous aujourd’hui, était tombée amoureuse d’un Masaï puis avait décidé de son libre choix, de délaisser sa culture et sa vie telle qu’elle l’avait vécue pour venir vivre sous ce toit composé de (disons-le) merde de vache et de boue.

« How many cows are we worth??!!! »

« Fifteen. »

Nouveau silence. Wow. En tant qu’étrangère, tu vaux près de deux fois plus de vaches qu’une femme Masaï. Moi j’ai trouvé ça complètement injuste pour ces femmes-là, la plupart magnifiques dans leur robes, appareillées de leur collier coloré et de leurs boucles d’oreilles immenses alors que nous on arrive en pantalon lululemon trois-quarts et t-shirt imprimé en 10 million de copies.

Et elle en plus, son mari, elle l’a même pas choisi.

Quand nous sommes sortis de la hutte, alors que nos yeux se réhabituaient à la clarté du jour, le village entier, ou presque, avait formé une ligne devant nous. J’ai senti une main me presser doucement le bras. C’était une femme Masaï. Elle tenait dans ses bras des tissus propre à leur accoutrement: des carrelés bleus, rouges, noirs. Je me suis penchée pour qu’elle puisse glisser la robe par-dessus ma tête. Une autre s’est approchée pour me passer l’un de leurs énormes colliers autour du cou. On était cute à voir dans nos tenues Masaï: un indien montréalais tout petit, deux russes dont l’une aux cheveux blond comme le blé du haut de ses six pieds, une autre brunette aux yeux pers et moi, petite blonde canadienne aux yeux bleus.

Masai Village Moi 4

Ils se sont ensuite mis à chanter fort en se tenant tous par la main; les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Nous avons ensuite dansé leur danse traditionnelle, qui consiste en fait à sauter sur place et le plus haut possible et ensuite à se pencher vers l’avant, vers les autres qui s’étaient regroupés pour former un cercle en laissant échapper des cris et des sons gutturaux. On était vraiment chic à voir dans notre maladresse et notre gêne qui se lisait sur nos visages.

Notre guide a filmé le tout mais je tiens solennellement à garder ce vidéo uniquement pour des fins de soirées entres amis quand ils voudront bien se payer ma tête! Martine, tu seras la première à pouvoir te plier en deux, promis! 😊

Nous sommes remontés dans le 4×4 avec Ahmed peu de temps après notre danse. Nous nous sommes tous les quatre retournés pour voir le village Masaï disparaître derrière nous, la tête pleine d’une culture tellement différente de la nôtre.

Dans le silence qui nous emportait vers le Serengeti, j’étais vraiment contente d’être avec ces trois-là. Nous venions de passer près de trois heures avec une culture qui s’entrechoquait tellement avec les nôtres sur plusieurs points. Et aucun d’eux n’avaient jugés. C’était précieux. Parce que malheureusement, pour bien des gens, il est si facile de juger plutôt que d’essayer de comprendre. Et à mon humble avis, ce n’est pas parce que c’est totalement différent de ce que tu es habitué toi, de vivre, que ça te donne le droit de juger ou encore pire, de diminuer les us et coutumes d’un peuple simplement parce qu’il est différent du tien…

Trouver un Safari…

À force de chercher midi à quatorze heures, on finit par perdre son temps.

Pierre Dac

Les jours qui ont suivis à Arusha, je les ai passés à visiter la ville et à me chercher le meilleur deal possible pour un safari. Pas facile. Arusha est une ville relativement grande, en effervescence et le point de départ de tous les safaris pour le parc national de Serengeti et celui du cratère de Ngorongoro. Trouvant que les prix mentionnés en ligne avant mon départ étaient faramineux (entre $800 – $1000 US/jour) je m’étais dit que je trouverais bien une fois rendue sur place. Convaincue de pouvoir dénicher un meilleur deal. Ce que je ne savais pas, c’est qu’à Arusha, il doit bien y avoir une trentaine, voire plus, de tours opérateurs; véritables comme improvisés. Et que lorsqu’on se promène – je ne peux parler que pour moi, mais j’imagine ne pas être la seule – on se fait arrêter à tous les coins de rue. Tous avec la même idée en tête : nous vendre un safari.

On a beau dire « non merci », avec un sourire, ils sont insistants. Nous suivent en marchant. Deux d’entres eux se sont même fâchés alors que ça faisait 3 fois que je refusais gentiment leur offre sans vraiment écouter (ils m’avaient vu sortir d’un autre tour opérateur et se sont rivés sur moi dès que j’ai mis les pieds dehors). J’ai compris que je devais écouter. Je ne voulais pas d’ennuis. On a fait le tour du bloc dans les rues bruyantes du centre touristique. Je leur ai menti en disant avoir déjà acheté mon safari (ce que je leur ai répété à peu près 10 fois). Ils continuaient, je les écoutais. On marchait. Un autre nous suivait, pas très loin derrière. Quand ils ont compris que je ne leur achèterais pas de safari, ils ont commencé à me poser des questions (d’où je venais, où j’allais, etc.). Le ton avait changé et ils sont gentiment venus me porter au restaurant que je cherchais – je me cherche et me perds souvent moi, en voyage! Je les ai revus plusieurs fois dans les jours qui ont suivis puisque de mon appartement, je devais passer devant leur quartier chaque fois que je voulais me rendre quelque part. À chaque fois, les deux me saluaient en souriant

« Rafiki! » qui veut dire ami

« Mambo » qui se veut une forme de bonjour informel lancé en général aux touristes et ce à quoi on répond par « Poa! » qui veut dire cool! 😊

Après avoir visité 3 différents tours opérateurs dans la ville, communiqué sur Whatsapp avec d’autres par l’entremise de différentes personnes, appelé 2 autres qui n’avaient ni de place ni de possibilités pour le prix que je cherchais, soit je prenais une chance et payais un petit tour opérateur local (ce qui pouvait s’avérer autant une réussite qu’un échec) soit je me résiliais et prenais celui avec les meilleurs online reviews

D’après les commentaires que j’avais pu lire en ligne et entendus sur place, plusieurs tours opérateurs locaux, désirant se bâtir un nom et faire compétition (ce que, personnellement j’encourage) ne possédaient pas de véhicules 4×4 et donc, les louaient. Ce qui malheureusement pouvait s’avérer en plusieurs break downs et une grande perte de temps durant ledit safari. D’autres n’avaient pas de toit ouvert – les véhicules de safari, en général et pour bien le vivre, doivent avoir un toit qui se soulèvent pour permettre aux passagers de se tenir debout et voir au loin. Certains offraient du camping et ou des lodges, mais à l’extérieur des parcs. Ce qui signifie une perte de temps considérable en voyagement. D’autres proposaient de me joindre à un groupe pour dormir dans des camps à l’intérieur du parc, mais les coûts s’élevaient à plus de $3000 US pour 4 jours. Et ça, c’est sans compter le nombre de personnes par véhicule qui étaient de 6 à 8 personnes…

À la fin de mes deux jours, j’étais découragée. Je m’attendais à ce que le prix baisse radicalement une fois sur place, mais aucune chance. Pour moi, entoucas. Remarquer que, je ne suis vraiment pas la meilleure négociatrice et comme les africains ne démordent pas facilement non plus, c’est le cocktail parfait pour ne pas obtenir le prix souhaité!

Tannée de chercher, je suis revenue sur mes pas du 1er jour et suis retournée à l’office de Easy Travel. On allait faire ça the easy way. Leurs reviews en ligne étaient meilleurs que la plupart et la gentille dame m’avait offert, pour un prix cher mais très relatif à tous les autres pour coucher au sein du Serengeti, de me joindre à un tout petit groupe de trois personnes, ce qui faisait bien mon affaire. J’ai accepté son offre et j’ai payé. Je n’ai tellement pas posé de questions et fait aucunement de recherches sur les noms des lieux où nous couchions (je m’étais dit que j’aurais la surprise), que quand nous avons eu notre briefing le lendemain, j’ai demandé tout bonnement s’ils fournissaient les sleeping bags. J’avais ma couverture en soie, mais si non, j’allais être obligée de m’acheter un sleeping bag dernière minute. Il y a eu comme un silence dans la petite salle de l’agence. Assez important pour que je me dise « ben voyons… ». Puis le guide et la gentille dame ont éclatés de rire. Ahmed, notre guide, me dit alors en riant (mais visiblement très surpris en se disant probablement, et avec raison, mais d’où est-ce qu’elle sort elle pour se payer un truc pareil sans même savoir où elle va coucher!)

« No, no! This is like a luxury safari. You will sleep in beds, even in the Serengeti camp. They’re like luxury camps ».

« Aaaah… Ok. »

Karina, l’une des deux russes qui faisait partie du groupe, a lancé un gros soupir de soulagement. Elle venait de passer 6 jours à monter le Kilimanjaro et dormir dans une petite tente. Elle avait pu pantoute envie de dormir dans des petites tentes, elle. 😊

Et c’est donc avec Karina, Stani et Sam que je suis partie en safari de 5 jours. Un petit groupe qui, ma foi, en a fait vivre de toutes les couleurs à Ahmed! Si jamais vous pensez faire un safari en Tanzanie, je vous recommande très fortement Easy Travel et plus particulièrement Ahmed. Le meilleur guide que nous puissions avoir eu, sur tous les points!

Ma première journée à Arusha

Un bon voyageur ne doit pas se produire, s’affirmer, s’expliquer, mais se taire, écouter et comprendre.

Paul Morand

Je suis arrivée en sol africain à 4:30 du matin. Il était tôt et faisait encore nuit. Je suis débarquée de l’avion par les petites marches qui menaient au sol et d’où nous devions marcher jusqu’aux portes menant à l’immigration. Une forte humidité régnait dans l’air et l’odeur qui s’y rattachait était délectable pour une québécoise qui venait de quitter le froid hivernal de son pays. Personne, ou presque, n’avait de visa. J’ai donc fait la file, pratiquement la dernière, mis-à-part quatre autres personnes, derrière une foulée de quinquagénaire qui était pressée de se faire étamper et me dépassait en prenant soin de m’ignorer. Je les ai laissé passer. Heureuse d’être finalement arrivée. Quoiqu’un peu inquiète que ma propriétaire du AirBnb que j’avais loué (qui avait tenue à venir me chercher pour ma sécurité) m’attende trop longtemps. J’espérais n’avoir aucun problème aux douanes…

Est finalement arrivé mon tour, une bonne demi-heure plus tard. Je devais avoir l’air fatiguée, ayant quitté Montréal deux jours avant et passé une journée entière en compagnie de Christian à Frankfurt (un ami rencontré en Colombie en Novembre 2016) qui s’est fait un plaisir de me faire visiter la ville et les marchés et me faire déguster de délicieux vins de cépages voisins. Je n’avais pas dormi depuis 24 heures (mis-à-part quelques minutes ici et là dans mes vols, le cou cassé, le corps plié et, disons-le, toute pognée). L’africain aux douanes m’a souri et demandé combien de temps je restais. Je lui ai répondu gentiment que je n’en avais aucune idée “Maybe forever” que je lui ai répondu en souriant. Il a ri puis m’a étampé le petit papier que je venais de remplir en me signalant que je devais me rendre au prochain poste ou m’attendais deux hommes d’un air sévère. Ils m’ont demandé ce que je venais faire ici. Je leur ai répondu que je venais y vivre une parcelle de vie, parce que nous n’en avons qu’une seule à vivre et que je ne savais pas quand je partirais. J’avais plusieurs mois de congé. L’un a esquivé un sourire et le plus sérieux a pris mon passeport. Il a tenté de prononcer mon nom. Je me suis mise à rire, et puis les deux se sont mis à rire. Impossible à prononcer Geneviève pour un africain !! Ça a détendu l’atmosphère. Ils ont pris mes empreintes. Des deux mains (je n’ai jamais eu à faire telle chose dans tous les pays que j’ai visité – Ça devait être en cas qu’ils retrouvent mon corps quelque part que je me suis dit lol). Ils m’ont remis mon passeport en me disant “You will probably stay..” et ont tenté une seconde fois de prononcer mon nom, sans y parvenir. On a tous les trois ris et je suis partie chercher mon backpack déjà déposé près des seuls autres qui restaient.

J’aimais déjà l’Afrique.

Consolata m’attendait dans le noir du stationnement de l’aéroport. Une femme merveilleuse, forte, souriante, avec une indéniable autorité. Les quinquagénaires qui avaient pris soin de me dépasser attendaient toujours leur départ dans leur bus. J’ai souri, en espérant qu’ils se rendent compte qu’il ne sert à rien de se dépêcher. Je me suis dirigée vers le côté passager du véhicule à Consolata pour me rendre compte qu’ici ils conduisaient comme en Angleterre. Elle s’est mise à rire en me disant “Other side please“. Nous avons roulé jusqu’à Arusha dans le noir total. Elle travaillait à Moshi, une ville au pied du Kilimandjaro, à 45 minutes voire 1 heure de Arusha. Et comme j’arrivais à 4 heures du matin et qu’elle s’inquiétait pour moi (nous nous étions parlé par l’entremise du site dans les jours qui avaient précédés mon arrivée), elle s’était levée excessivement tôt, était venue me chercher pour me porter à Arusha puis repartait vers Moshi puisqu’elle commençait sa journée à 8am. Je n’en revenais pas. Je me sentais presque mal.

 

Nous sommes arrivées à son appartement près de 40 minutes plus tard. Le soleil ne s’était pas encore levé. Incapable d’ouvrir la porte de l’un de ses appartements (qui devait être le mien durant mon voyage), j’étais prête à m’écrouler dans le corridor en la voyant se décourager. Fatiguée morte, je me serais endormie, allongée de tout mon long sur le planché de marbre, accotée sur mon backpack. Elle s’est finalement retournée pour ouvrir la porte de l’appartement d’en face. Elle s’est poliment excusée, me disant qu’aucun lit n’était fait dans celui-ci mais qu’elle contacterait sa femme de ménage pour que celle-ci vienne le plus tôt possible m’ouvrir de l’autre côté. Elle devait repartir pour son travail et vite. Elle semblait mal à l’aise de cet inconvénient. Probablement qu’elle s’attendait à ce que je m’en plaigne. Je lui ai souri, ai pointé le divan et pris soin de lui dire que je dormais comme une bûche et que sa femme de ménage devra probablement faire preuve d’originalité pour me réveiller. Elle a ri. J’ai gonflé mon oreiller acheter à la MEC (et maintenant indispensable – merci Marilo!!!!) et je me suis étalée de tout mon long dans le divan du salon.

 

Il faisait jour quand j’ai ouvert les yeux. Je n’ai pas tout de suite réalisé que la femme de ménage se tenait au bout du divan où je m’étais endormie. Elle me regardait, mal à l’aise. Je ne sais pas combien de temps ça lui a pris à me faire ouvrir les yeux et je ne le saurai jamais; elle ne parle pas anglais. Je lui ai fait signe que tout était beau, prête à me rendormir, mais je la sentais là, tout près. Elle m’a retouché le pied. OK. Elle voulait que je me lève. Je me suis donc levée (en oubliant mon oreiller gonflé), j’ai pris mon lourd backpack et mon petit, plus léger, et je l’ai suivi dans l’autre appartement. Dès qu’elle m’a présenté ma vraie chambre, je l’ai remercié d’un sourire et me suis écroulée, encore toute habillée. Il devait être 8am.

Je me suis réveillée vers 3pm à l’heure locale, encore fatiguée, les yeux collés. Mais je me suis dit que je ne pouvais pas passer ma première journée à ne rien faire. Je me suis donc vite rafraîchie, préparée et j’ai quitté l’appartement pour vagabonder dans les rues de la première ville d’Afrique que je visitais à vie.

Arusha est une ville effervescente, donnant l’impression d’être très petite par endroits (d’où j’étais). La plupart des rues sont pavées. Et bondées. Il y a des round-abouts, ici et là, vraiment mêlant. Parce que ces carrefours giratoires, ils sont deux et trois collés! Pourquoi? On sait pas. C’est fait comme ça. J’ai longé la rue qui menait au centre de la ville touristique, affamée et ayant une idée du restaurant que je voulais essayer d’après le Lonely Planet (acheté à Frankfurt en passant, parce que j’ai pris soin d’oublier le mien sur ma table de chevet à Montréal – on est pas surpris!). Le trajet prenait environ 10 minutes. Rajoutez 20 minutes à me faire aborder par des africains qui vendent leur safari et/ou tour guidé, ça bien dû me prendre une bonne demi-heure à me rendre au café. J’ai vite compris qu’ici, il me serait difficile de marcher sans être accostée. J’ai rencontré en chemin, entres autres, un masaï dont je ne me souviens plus du nom, qui m’a dirigé vers le café que je tentais de rejoindre, en m’expliquant la ville. Très gentil. Mais… la gentillesse ici à un prix. Il est venu me porter à la porte du café, j’ai gentiment refusé de lui payer quoi que ce soit et me suis attablée à côté d’un ventilateur. Il faisait chaud à Arusha. J’étais déjà en sueur. J’ai mangé un plat typique africain – une bouillie de légumes délicieuse et de bœuf (un peu mastiqueux!). Je m’y suis prélassée un peu en regardant les gens passés puis suis sortie avec l’idée de visiter le musée de la ville. À peine sur le trottoir, j’entends un “hello!” derrière moi. Je me retourne et aperçoit un grand anglais, mince et blond, tout sourire. J’étais vraiment contente de me faire aborder par un mzungu (blanc/touriste pour les africains). Nous avons jasé de tout et de rien en marchant dans la même direction. Là où il dansait la zumba tous les mercredis se trouvait le musée que je voulais visiter. Il me dit qu’il y a un restaurant-bar à côté du musée (et où ils dansent), alors je lui promets de m’y rendre après ma visite.  J’ai donc fait la connaissance de Tim, quelques heures après mon arrivée. Il deviendra important dans mon parcours ici. Everything happens for a reason they say

 

Le musée était très intéressant, bien qu’étrangement, toutes les photos prisent étaient du même photographe! De 1997 à 2010, ce gars-là a vendu beaucoup de photos. Pour moi il connaissait quelqu’un d’important à Arusha, parce que le musée (ainsi que plusieurs autres bâtisses de la ville) n’a des photos que provenant de lui !! Bref, après avoir parcouru les allées du tout petit musée (avec 50 photos de Dick Persson) et avoir appris sur les bed bugs (haha!), les maringouins qui donnent la fièvre jaune, Lucy notre ancêtre et une panoplie d’autres parcelles de l’histoire africaine, je me suis dirigée vers le restaurant d’où je pouvais voir quelques mzungu (dont Tim) et des africains danser la zumba. En tentant d’apprivoiser un chaton dans les parages, je me suis liée d’amitié avec Ricky, un africain qui travaille au restaurant, beau comme tout et sympathique, qui m’a offert de regarder le match de football qui jouait à la télévision avec ses amis. Je me suis donc assise avec 4 africains rivés sur l’écran où l’on pouvait voir qu’une équipe gagnait contre l’autre. Ne voulant vexer personne, je souriais quand ils étaient heureux d’une passe. J’ai vite compris que l’équipe en jaune était leur favorite. Nous avons jasé, ris de mon accent indéchiffrable et bu de la – ma foi – délicieuse bière locale. Et tout comme la zumba finissait, je ne me pouvais plus, baillant au corneille, j’ai salué Tim et ses amies et suis partie me coucher. À 7pm….

 

 

Revenir pour mieux partir…

Qui a l’habitude de voyager sait qu’il arrive toujours un moment où il faut partir.

Paulo Coelho

Je suis sans cesse à la recherche d’une nouvelle destination ou d’un nouvel horizon à explorer. Je m’amuse à rêvasser de paysages inusités, de découvertes culinaires, de rues sinueuses, de plages de sable blanc, de vastes océans. Quotidiennement. Et pour alimenter mes pensées et façonner mon habitude à partir… J’achète des guides de voyage.

Peut-être même un peu trop!

Chaque fois où je me retrouve chez un libraire, mes yeux finissent toujours par se poser sur la section voyage. Juste pour voir. Juste pour jeter un coup d’oeil. Et mon rapide coup d’oeil fini par se transformer en une bonne demi-heure à zieuter, puis parcourir les livres sur l’Océanie, l’Afrique, l’Asie… et puis je me retrouve en ligne à la caisse avec une nouvelle destination en main et le sourire en coin. À chaque fois. C’est immanquable!

Et ces guides, je les lis dans le confort de mon divan comme d’autres peuvent lire un roman. Je me perds entre les lignes du Lonely Planet de la Papouasie ou de l’argentine, de la Colombie ou du Chili, en me cherchant une date et une destination. Ayant la chance d’être à mon propre compte et de pouvoir partir découvrir de nouveaux horizons durant certains mois d’hiver, je reviens toujours pour mieux repartir…